KAL’s cartoon: this week, choppy waters.
Our cartoonist KAL produced this marvellous drawing for the cover of the Christmas and New Year issue, illustrating our rough guide to hell. Here...
KAL’s cartoon: this week, lines.
KAL’s cartoon: this week, austerity.
KAL’s cartoon: this week, queuing up.
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E.M.
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E.M.
Depuis six ans, le Pasteur de l’Église Réformée de l’Étoile, à Paris, cherche à faciliter la vie des abeilles en milieu urbain. Aujourd’hui, le toit de son église abrite trois ruches.
Photo : Les ruches du Pasteur Louis Pernot sur le toit de l’Église Réformée
Le son des cloches retentit jusque dans sa poche. Le Pasteur Louis Pernot décroche machinalement son Smartphone pour répondre aux appels des paroissiens. A l’aise avec les nouvelles technologies, tout comme lorsqu’il s’agit de parler des traditions, lorsqu’il évoque son idée : avoir installé un rucher sur le toit de l’Église Réformée de l’Étoile, à une centaine de mètres de l’Arc de Triomphe. « Je l’ai fait par tradition et par amour de la nature, bien plus que pour suivre un effet de mode ».
En 2007, une fois reçu l’accord de la ville de Paris, Louis Pernot y installe sa première ruche. Encouragé par des paroissiens qui soutiennent la démarche, « fiers de pouvoir consommer le miel de leur Eglise », il en installe deux autres.
Pour cet ancien savoyard féru d’agriculture, l’essentiel était avant tout « d’associer la nature à la ville » en favorisant l’introduction des abeilles en milieu urbain. « C’est une manière d’aider la nature. Sans cela, on ne ferait jamais de miel en ville ».
Derrière les convictions personnelles, la religion n’est pas loin. Et le Pasteur de citer la Bible : « en terre promise coule le lait et le miel ». Abondance, partage… le miel est empreint de symbolique chrétienne.
Si le nectar est aujourd’hui objet de convoitises, le maître des lieux rappelle que c’est d’abord pour la cire, nécessaire à la confection des bougies, que l’on s’intéressait à l’abeille. Entre temps, le sous-produit est devenu produit de luxe. Le miel de Paris se vend à prix d’or.
« Ce miel est particulier et rare »
Tilleul, marronnier ou merisier, les parfums se mêlent dans les miels parisiens. C’est ce qui leur donne ce goût reconnaissable, « cette saveur citronnée ».
Chaque ruche permet au Pasteur de l’Etoile de récolter entre 60 et 200 kilos de miel par an. Pas question pour autant de commercialiser la production en dehors de la vente aux paroissiens. Avec des prix deux fois inférieurs à ceux de Fauchon, qui récolte sur le toit de l’Opéra, Louis Pernot réinvestit dans son église les 2.000 euros empochés chaque année grâce à l’activité apicole. Au prix moyen de 100 euros le kilo, le miel de Paris se veut gage de qualité. « C’est du 100% Paris. A moins que certaines abeilles aillent butiner jusqu’à Neuilly… »
La ville à la rescousse ?
Décimées par l’utilisation croissante de pesticides en milieu rural, les abeilles ont trouvé refuge dans certains espaces bétonnés. Avec ses 180.000 arbres, la ville de Paris s’avère être un eldorado pour l’insecte. En pleine saison, ce sont plusieurs dizaines d’espèces qui fleurissent jardins et avenues. Et c’est sans compter les 300.000 arbres des bois de Boulogne et de Vincennes, les deux poumons de la capitale.
Reste à savoir si la ville pourra sauver l’insecte pollinisateur et son précieux nectar, au moment où des études lancées il y a quelques années, notamment par Naturama, commencent à prouver que la pollution atmosphérique comporte des effets néfastes sur la qualité du miel et la survie des insectes. En attendant de nouvelles études, le miel de Paris se vend comme des petits pots.
E.M.
Photo : Facebook/Oliver Voisin
Fermeture de rédactions, disparition de journaux, dépôt de bilan d’agences de presse : l’industrie des médias a connu des jours meilleurs.
Dans un secteur en crise, le photojournalisme doit lui aussi faire face aux difficultés économiques et aux enjeux de l’ère numérique.
Alors que certains considèrent que la profession doit se réformer et s’adapter, d’autres la voient déjà morte. A l’heure d’Internet, la photo d’actualité n’a pourtant jamais été aussi accessible. Un paradoxe qui souligne toute la complexité de l’état d’une profession.
Émission spéciale de La Rédaction de Radio Campus Paris.
Avec Thomas Coex, rédacteur en chef du service photos de l’Agence France Presse (AFP), Fred Dufour, photographe à l’AFP, et Laurence Butet-Roch, journaliste à Polka Magazine.
E.M.
Dimanche 3 mars, 67,9% des suisses ont approuvé par référendum l’interdiction des parachutes dorés. Un événement qui devrait relancer le débat en France et dans l’ensemble de l’Europe.
Photo : europe1.fr (Thomas Minder, sénateur UDC)
Changement d’heure au pays helvétique. Évincée en 2009 de la liste noire des paradis fiscaux établie par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), la Suisse serait-elle désormais des pourfendeurs des abus financiers ? Le référendum organisé par l’Etat dimanche 3 décembre a en tout cas suscité de vives réactions à l’étranger. A la question « faut-il limiter les rémunérations abusives des patrons », les suisses ont répondu « oui » à 67,9%.
Le chiffre ravit Thomas Minder, sénateur de la droite populiste de l’union démocratique du centre (UDC), à l’origine du projet. Il défend un encadrement de la rémunération des dirigeants des entreprises cotées et la fin des parachutes dorés. Pour l’homme d’affaires, cette démarche passe par l’augmentation du pouvoir des actionnaires, au détriment des conseils d’administration, pour « plus de transparence ». La Suisse serait alors à la tête d’un système de contrôle « parmi les plus stricts au monde » selon la RTBF. Si la mesure est adoptée, les peines encourues en cas d’infraction pourraient correspondre à une amende équivalente à six ans de revenue et à trois ans d’emprisonnement.
Mais un référendum n’implique pas une adoption de la loi. Du texte de Thomas Minder doit maintenant émerger un projet de loi, dont la rédaction est à la charge du gouvernement. Ce nouveau texte devant lui-même être ratifié par le Parlement. Un processus qui devrait durer plus d’un an, car c’est sans compter l’hostilité affichée par le gouvernement et l’Assemblée, qui ont déjà mis au point un contre-projet. Pour autant, voilà le débat ouvert et relancé à l’étranger.
En France, Franck Esser et Jean-Bernard Lévy quittaient il y a quelques jours leur poste avec parachutes dorés. L’ex-PDG de SFR et l’ancien président du directoire de Vivendi ont chacun reçu une indemnité de 3,9 millions d’euros. Chose qui pourrait bientôt devenir impossible pour les patrons suisses, dont certains prennent déjà leurs précautions.
A l’heure du « redressement productif », le gouvernement Ayrault cherche à véhiculer une image d’exemplarité. Pour le Premier ministre, il faut s’inspirer de cette « excellente expérience démocratique où les Suisses montrent la voie ». D’après le député PS Jean-Michel Clément, il s’agit d’un message « empreint de raison » qui devrait guider les réflexions du gouvernement français.
Reste à savoir si l’issue du vote suisse permettra de donner un nouveau souffle au débat initié sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Au niveau européen, on semble prendre acte du résultat du référendum. Quoiqu’il en soit, comme en 2009 avec l’initiative populaire contre la construction des minarets, le pays helvétique jette un nouveau pavé dans la mare.
E.M.
Après les toits d’immeubles végétalisés, au tour des potagers de fleurir sur les bâtiments parisiens. L’objectif n’est plus tant de remettre la nature au cœur du projet urbain : à terme, le potager permettrait l’autonomie agricole des citadins. Une démarche ambitieuse qui n’en est encore qu’à ses balbutiements.
Photo : J.-F. Mallet (Y. Alléno sur le toit de la Mutualité)
Produire local
Des cageots remplis de salades et de potirons sont logés dans les murs de la grande salle du restaurant. Au Terroir Parisien, les produits de saison cuisinés en plats de résistance ou potages font aussi office de décoration.
Le restaurant du chef étoilé Yannick Alléno, accolé à la Maison de la Mutualité, offre une ambiance moderne mais les plats sont traditionnels. Une lumière violette tamisée éclaire les produits frais livrés chaque matin. Ici, les papilles se laissent surprendre en redécouvrant les produits locaux délaissés par la grande distribution.
Pour aller au bout de cette logique de proximité, le restaurateur a fait construire un potager. Neuf étages plus haut, sur le toit de la Mutualité, poussent fruits et légumes de saison.
Le marché du neuvième étage
Pour accéder au toit-terrasse du neuvième étage, le badge magnétique est requis. Cuisiniers et jardiniers sont les gardiens de ce lieu atypique.
Isolés du bruit et de la foule parisienne, choux de Pontoise, salades maraichères et pissenlits poussent tranquillement, répartis dans une cinquantaine de bacs en bois disposés de manière circulaire, sous le regard bienveillant de la Tour Eiffel, de Notre-Dame et du Panthéon. Ce potager urbain fêtera bientôt son premier anniversaire.
La production étant encore faible – surtout en cette période hivernale –, on reste néanmoins discret sur son existence. La carte du restaurant ne fait pas encore mention des fruits et légumes du potager.
« Une petite fierté »
Sur les dix-sept établissements de Yannick Alléno, le bistrot du Terroir Parisien reste le seul doté d’un potager. Pour Jamie Cameron, Directeur du restaurant, ce projet encore à l’état expérimental n’en reste pas moins une fierté. Profiter de l’espace vide des toits parisiens est l’opportunité de « cultiver local » et faire redécouvrir « les légumes du vieux Paris, des produits qu’on ne connaît plus ». De temps en temps, les cuisiniers montent cueillir les légumes mûrs. Le but est avant tout de continuer à « proposer des plats traditionnels. Quoi de mieux alors que de cultiver sur place ? ».
La ville résiliente
A l’origine du projet, un ingénieur. Nicolas Bel, 35 ans, supervise les opérations. Et si l’ancien chef étoilé de l’Hôtel Meurice lui accorde sa confiance, c’est parce qu’il a déjà fait ses preuves sur un autre toit, celui de l’école AgroParisTech. Profitant d’une surface plane de 600m², Nicolas Bel expérimente depuis quelques mois le bio-mimétisme, « qui consiste à imiter le vivant », avec un terreau composé de broyat de bois et des résidus organiques de la ville. C’est dans ce mélange de 30 centimètres que poussent tomates, aubergines, salades, fraises et framboises.
Pour l’ingénieur, ce projet répond à la nécessité d’« optimiser l’espace urbain pour rendre la ville autonome et résiliente ». A l’heure où certains engrais se raréfient, il faut trouver des solutions alternatives. L’agriculture locale à base de compost en est une. « Ce qui n’est encore qu’un effet de mode aura dans une dizaine d’années un vrai côté pratique ».
Inspiré par les villes pionnières de New York et Montréal, Nicolas Bel parle d’une « entreprise d’avenir ». Et à ceux qui s’inquièteraient des effets de la pollution urbaine sur les produits cultivés, il oppose les chiffres des dernières analyses. « La présence de métaux est très en-dessous des normes européennes, y compris pour le plomb. Et les produits que l’on cultive sur les toits ne subissent pas de traitements phytosanitaires ». Pour autant, la culture ne se faisant pas en plein sol, elle ne peut recevoir l’appellation d’agriculture « bio ». Mais l’ingénieur insiste sur les points positifs qui renforcent la crédibilité de l’expérimentation : « en haut des immeuble, on a moins de pollution, plus de soleil et un taux d’humidité plus faible. On cueille à maturité, les produits sont souvent bien meilleurs que dans la grande distribution ».
D’après la Mairie de Paris, qui s’intéresse au projet de Nicolas Bel, près de 320 hectares de toiture seraient potentiellement exploitables dans la capitale. A l’heure où les préoccupations économiques et écologiques vont croissantes, produire localement est un enjeu que les autorités publiques prennent davantage en considération. Reste à savoir si le potager urbain pourra se généraliser et devenir un véritable fonds de commerce.
E.M.
14 heures, Place Denfert-Rochereau. Ils sont entre 125.000 et 400.000 à s’être retrouvés ce dimanche 27 janvier, prêts à défiler dans les rues de la capitale pour soutenir le projet de loi sur le « mariage pour tous ».
En attendant le départ du cortège, on sort les banderoles, on entonne les slogans. Les pancartes d’anonymes se mêlent aux couleurs du Parti Communiste (PCF), des jeunes socialistes ou du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). Dans la foule, différents profils mais une seule volonté, celle de défendre le projet de loi. Rencontres.

Alice, 29 ans. Mylène, 26 ans. En couple, les deux jeunes femmes profitent de leur présence à Paris pour exprimer leur soutien au projet de loi sur le « mariage pour tous ». D’ordinaire discrètes sur leur orientation sexuelle, « surtout au boulot », elles affichent aujourd’hui fièrement, pancartes à la main, leur désir d’égalité. « Le mariage, l’adoption, la procréation médicale assistée (PMA), nous sommes pour tout ». Ceux qui ont manifesté contre le projet de loi, elles ne les comprennent pas. « S’ils sont contre, c’est parce qu’ils vivent encore à une époque d’ignorance où la différence fait peur ».

Anaïs, 25 ans. Benjamin, 29 ans. Elle est illustratrice, lui est graphiste. « Attristés » de voir que certains manifestent « dans le but de s’opposer à des droits », le couple a décidé de soutenir le projet de loi en se joignant pour la première fois aux « pro-mariage gay ». « Le mariage doit être un terme pour tous ». « Hétéros solidaires », ils veulent que François Hollande applique ses promesses de campagne électorale. « Il avait mis le mariage pour tous dans son programme. Maintenant il faut qu’il l’assume ».
Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne et ex-candidat à l’élection présidentielle, visitait jeudi 24 janvier un camp de Roms dans la commune de Vigneux-sur-Seine. Reportage pour Radio Campus Paris.
(E. MORICE & T. GOLDBRONN)
E.M.
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